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l'exploit des reds!

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Thierry
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MessageSujet: l'exploit des reds!   Jeu 26 Mai - 6:26

C'EST BYZANCE POUR LES REDS
Cédric ROUQUETTE (à Istanbul)

Au terme d'une finale déroutante, Liverpool a remporté la cinquième Ligue des champions de son histoire devant le Milan AC, qui menait pourtant 3-0 à la mi-temps (3-3, 3-2 aux tirs au but). Le club anglais doit son succès à un coeur sans limite et à son nouveau héros, le gardien Jerzi Dudek. Liverpool avait déjà sorti la Juventus et Chelsea. Cette victoire était son destin.



Liverpool affole les stats

Cette incroyable finale n'a eu qu'un défaut : son sort s'est joué aux tirs au but, comme semble le vouloir une tradition tacite née avec Bayern - Valence en 2001, perpétuée, depuis, à chaque année impaire. Liverpool est revenu aux affaires avec un panache dont lui seul était capable. Vingt ans après le drame du Heysel, le club de la Mersey a remporté sa cinquième Ligue des champions (après 1977, 1978, 1981 et 1984), en mettant au pas un très grand Milan AC, qui se demande encore comment cette finale a pu lui échapper. Aussi brillants que furent les Italiens au cours d'une première période trop parfaite, ils n'ont rien pu contre la bravoure illimitée des Scousers, comme la Juventus et Chelsea en quart et en demi. Le cinquième du Championnat anglais peut se proclamer roi d'Europe et ne devrait pas pouvoir défendre son titre la saison prochaine. Ce n'est pas le dernier des paradoxes de cette compétition qui a fêté son demi-siècle d'existence par un spectacle d'une qualité exceptionnelle, et qui semble revenue sur de bons rails depuis le retours aux huitièmes de finale à élimination directe la saison dernière. Jamais une équipe n'avait remonté trois buts d'écart à ce niveau de la compétition. Jamais, non plus, six buts n'avaient été inscrits du même côté du terrain lors d'une finale. Et malgré tout le respect dû à l'immense Milan AC, il n'y a que Liverpool pour rendre possibles des moments de ce genre : sa finale de Coupe de l'UEFA en 2001, contre Alavès, restait le moment le plus dingue de la décennie, toutes coupes d'Europe confondues. Rien n'était impossible pour ce Liverpool-là, qui a trouvé ses nouveaux héros en Dudek, Hyppiä, Carragher et autres Gerrard.

Les trois premiers quarts d'heure furent pour Milan (3-0), le quart d'heure suivant pour Liverpool (3-3), et la dernière demi-heure pour les spectateurs, tremblottants d'émotion à l'idée que tout cela pouvait connaître une prolongation, et déjà déçus à l'idée qu'il y aurait un vaincu. La finale d'Istanbul, disputée dans le cadre improbable d'un stade Atatürk comme tombé du ciel sur la banlieue stambouliote, a été grande car les deux équipes ont donné ce qu'elles avaient de mieux à offrir. En première période, c'est un grand Milan AC qui a récité son football : un jeu collectif brillant, des individualités au top (Kaka, Shevchenko, Nesta, Pirlo), un réalisme irréprochable et une gestion du temps à démolariser tout maître tacticien. Le symbole s'en est même mêlé : c'est le grand Paolo Maldini, septième finale au compteur, qui ouvrait la marque à la 57e seconde, pour le but le plus rapide d'une finale de C1 depuis Real Madrid - Reims en 1959 (2-0). Assommé d'entrée, Liverpool fit alors l'étendue de ses limites, au moins sur le plan du jeu. Manquant de présence et de réussite, les Reds tombèrent dans un fossé d'impuissance sur un doublé de Crespo, servi d'abord par Shevchenko côté droit (38e) puis par Kaka, soliste extraordinaire qui venait de déposséder Gerrard d'un ballon précieux (42e). Milan tenait sa septième coupe. Que penser d'autre à ce moment-là ? Il est même probable que Carlo Ancelotti, heureux comme un gamin dès le deuxième but, y a lui-même pensé. C'était admirable, mais encore en-deçà du moment qui allait suivre.



Six minutes de folie

Au retour des vestiaires, les Reds décidèrent à leur tour d'être dignes d'une finale. Et là, la tornade dura un quart d'heure. Liverpool a-t-il mieux joué qu'en première période pour réussir l'impensable, recoller au score, en seulement six minutes ? Ce n'est même pas dit, même si le 3-3 acquis à l'heure de jeu remit naturellement tout le monde au même niveau sur le plan de la confiance, de l'audace et de la rigueur. A la mi-temps, à 0-3, les 40 000 supporters de Liverpool avait encore assez de foi pour arroser le ciel stambouliote de leurs chants bouleversants. Ils ont dû parvenir aux oreilles des joueurs sans brouiller le message de Benitez. Ce qui n'avait pas marché plus tôt dans le match trouva soudain son sens. Premier centre, et tête gagnante de Gerrard (54e) ; premier petit boulevard abandonné, même loin du but, et Smicer giflait idéalement son ballon pour le propulser au fond des filets de Dida (56e) ; premier contre allant au bout de son idée, et Liverpool obtenait un penalty transformé en deux temps par Xabi Alonso (60e). L'incroyable avait eu lieu : ce Milan en acier trempé s'était fait rejoindre comme un quelconque Paris-Saint-Germain contre La Corogne en 2000, mais il n'alla pas jusqu'à encaisser le quatrième but. Le jeu s'équilibra, et si aucun but ne fut inscrit dans la dernière demi-heure du temps réglementaire, les deux grands d'Europe se rendaient maintenant coup pour coup. Le match s'est terminé comme il aurait dû commencer : intense mais chiche en authentiques occasions, entre deux équipes qui se craignaient alors beaucoup.

Chaque camp eut ses actions à ressasser tout une nuit : un manqué de Tomasson de près face à Dudek (100e), un mauvais choix de Djibril Cissé sur un contre prometteur de Liverpool (110e). Et des deux côtés, des centres tendus seulement poussés du regard. Enième tournant du match à la 118e minute : Shevchenko, à bout portant, se heurtait deux fois à un Jerzi Dudek digne de Gordon Banks en 1970. Même le ralenti ne percera jamais l'épais mystère de ce doublé arrêt incroyable. Il mit le Polonais sur de bons rails. Virevoltant sur sa ligne face aux tireurs Milanais, il dévia les ballons de Pirlo et Shevchenko, après que Serginho eut raté le sien d'entrée. Malgré un raté de Riise, Liverpool saisit son destin sur les tirs réussis de Hamann, Cissé et Smicer. Djibril Cissé, réclamé à la mi-temps par le public, était entré à la 85e minute. Depuis Zidane en 2002 avec le Real Madrid, aucun Français n'avait remporté la Ligue des champions. Sept mois après une fracture tibia-péroné qui devait ruiner sa saison, Cissé est à lui seul une success story au sein de l'aventure du Liverpool FC. Quoi qu'il arrive désormais, Liverpool sera associé à cette idée que le sport est beau, que tout est possible, que la mort semée il y a vingt ans au Heysel était un pur scandale. Le football en était aussi la victime, et non la cause. Après des matches comme ça, après cinquante ans de coupes européennes, ça fait un bien fou de le dire. Encore !
L'équipe sr
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Bob42
Invité




MessageSujet: Re: l'exploit des reds!   Jeu 26 Mai - 7:39

:merci: Thierry très grand retournement de situation à 3/0 tout le monde croyait le match plié, comme quoi il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué.
Très joli match avec 6 buts dans une finale :bravo:
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